Au pays de Lascaux : la "Friche Mammouth"



Noyée au milieu de l'immense zone commerciale qui s'étend sur les communes de Trélissac et de Boulazac, on pourrait facilement passer à côté si l'oeil n'était pas attiré par le déploiement inouï de toutes ces couleurs. On refait le tour du rond-point et l'on voit "Espace d'art urbain" taggé sur une pancarte...


L'endroit semble un peu craignos, a priori, c'est pas là qu'on a envie d'aller traîner avec ses kids...

Finalement, après un premier repérage entre adultes, on emmène les copines, le chouchou de 4 ans, les amis de passage... la friche Mammouth de Trélissac est devenue un endroit incontournable à visiter dans "mon" Périgueux.


Cet ancien magasin Mammouth, laissé à l'abandon alors que l'on construit encore partout de nouveaux hangars destinés à accueillir des grandes surfaces et qui seront abandonnés dans dix ans, s'est transformé en un formidable espace de création.


Le contexte de création ainsi que les artistes sont déjà bien présentés sur des blogs que vous trouverez facilement sur internet, donc je ne m'y attarderai pas ici.


La friche, la zone, le squat, le no man's land, c'est l'endroit rêvé pour déployer son art en "grande surface", tandis que les centre-villes offrent aux artistes d'autres supports et d'autres contraintes.

On ne touche pas non plus le même public : en ville, le street art offre souvent des messages politiquement très corrects, alors qu'en périphérie, les messages sont plus violents et directs.


Le but de ce billet, c'est de capturer, en février 2021, ces superbes graff avant leur destruction.

Car cet endroit fait en ce moment l'objet d'une procédure pour être reconverti, notamment en logements sociaux.

Il ne s'agit pas de déplorer cette disparition programmée : l'éphémère est l'essence même du graff et du street art. Les artistes savent pertinemment qu'ils s'expriment sur des espaces en transition.

Et puis, si l'on souhaitait conserver cet endroit en en faisant un espace d'exposition plus officiel, il risquerait de perdre un peu de son âme. C'est toujours le dilemme : être institutionnalisé, vivre de son art, c'est mettre un pied dans le modèle que l'on critique.


Quelques petites précautions à prendre toutefois si vous y allez avec les kids : on leur tient la main, on ne ramasse rien, on fait un premier tour sans faire de bruit pour ne réveiller ou ne déranger personne, on ne monte pas sur les plateformes, et ... on ouvre grand les mirettes !


Bonne promenade !